Briser le silence sur la fausse couche : Un chemin vers la guérison

Une réalité fréquente mais vécue dans l’ombre

Saviez-vous qu’une femme sur quatre fera face à une fausse couche au cours de sa vie ? Malgré cette fréquence, la perte d’une grossesse est souvent vécue dans le silence et le retrait, parfois à cause de cultures qui encouragent à cacher la grossesse le plus longtemps possible. Pourtant, qu’elle survienne tôt ou de façon tardive, cette cessation du développement fœtal est une épreuve profondément douloureuse.

Le deuil des projections et des rêves

La douleur d’une fausse couche ne se limite pas à l’aspect physique ; elle touche au vol de nos rêves. Plus la grossesse est avancée, plus les projections sont nombreuses : on s’imagine l’avenir de l’enfant, ses études, sa future carrière. Lorsque tout s’arrête brusquement, c’est un véritable deuil qu’il faut traverser, car même si le fœtus est petit, il représentait quelqu’un qui comptait et avec qui on avait fait des plans.

Le couple face à l’épreuve : l’importance de l’empathie

Traverser ce « couloir » ensemble est essentiel pour la survie du couple. Voici quelques points clés pour naviguer cette période :

  • L’expression des émotions masculines : On oublie souvent que les hommes souffrent aussi. L’éducation pousse parfois les hommes à cacher leurs émotions, mais si elles ne sortent pas, il y a un risque d’implosion. Il est vital que le partenaire exprime son ressenti et s’autorise à pleurer pour que l’autre se sente moins seule.
  • L’empathie montrée : Il ne suffit pas de ressentir de l’empathie, il faut la montrer pour prouver que l’on est deux dans la même barque.
  • La communication : Qu’elle soit verbale ou non-verbale, la communication est le pilier qui permet au couple amoureux de survivre à l’épreuve, au-delà du projet parental.

S’écouter avant de recommencer

La médecine suggère souvent d’attendre environ trois mois avant de tenter une nouvelle grossesse. Cependant, du point de vue de la santé mentale, il est primordial de s’écouter. Ne reprenez pas les essais de façon mécanique ; prenez le temps de comprendre ce qui s’est passé et de vous remettre émotionnellement de ce traumatisme. Cette décision vous appartient, elle ne doit pas être forcée par la médecine.

Dépasser la culpabilité et l’inutilité

Il est fréquent, surtout en cas de fausses couches à répétition (plus de deux ou trois fois), que la femme ressente un sentiment d’inutilité ou de culpabilité, ayant l’impression d’être incapable de porter la vie.

Sachez que vous n’êtes pas incapable. Ce sentiment doit être adressé et déposé auprès d’un professionnel. Une thérapie peut vous offrir une oreille attentive, sans jugement, pour vous aider à vous pardonner (particulièrement si vous êtes solo) et à repartir du bon pied.

Si la souffrance est trop lourde, n’hésitez pas à chercher des groupes de parole ou une oreille empathique dans votre entourage pour ne pas rester seule avec votre deuil.


Si vous traversez cette épreuve, sachez que vous n’êtes pas seule. Courage à chacun de vous.

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